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Effets sur la santé de la pollution atmosphèrique
Les effets sur la santé de la pollution atmosphérique sont décrits en détail dans le plan régional de la qualité de l’air DRIRE et dans le rapport du Haut Comité de la Santé Publique
Pourquoi la connaissance des effets de la pollution atmosphérique sur la santé est-elle si complexe ?
Les personnes sont soumises à des expositions multiples et variées qui sont fonction du temps passé à l’intérieur des locaux, à l’extérieur, du tabagisme actif ou passif, des expositions professionnelles
Si l’on connaît l’action à court terme des fortes doses de polluants pris isolément, on connaît mal les effets à long terme et les effets des associations de polluants ;
Les personnes réagissent différemment à la pollution atmosphérique en fonction de leur âge, de leur état de santé (notamment respiratoire) et de leur degré de sensibilité qui peut expliquer la variabilité des réponses individuelles.
Quels sont les principaux effets sur la santé identifiés de nos jours ?
A court terme, lors des épisodes de pollution
Les polluants peuvent provoquer une réaction inflammatoire au niveau des muqueuses respiratoires et favoriser les symptômes des problèmes respiratoires préexistants. Chez l’asthmatique, ils peuvent favoriser sa réaction allergique (aux allergènes auxquels il est déjà sensibilisé) et les manifestations d’hyperréactivité bronchique non spécifiques, provoquées en particulier par l’ozone. Les symptômes ressentis pourront alors se traduire par des rhinites, de la toux, voire une crise d’asthme.
A long terme,
La pollution chronique favorise la poursuite et/ou l’accroissement de l’inflammation des bronches. Des études réalisées aux Etats-Unis montrent un excès de mortalité cardio-respiratoire et par cancer pulmonaire dans les villes les plus polluées par rapport aux moins polluées.
Pourquoi la pollution atmosphérique représente-t-elle toujours un problème de santé publique : ? En France, chez de nombreuses personnes, la sensibilité bronchique s’est accrue progressivement depuis une vingtaine d’années :
- 30 % de la population présente une allergie respiratoire (rhinite allergique), certaines personnes présentent une sensibilité bronchique accrue, voire une hyperréactivité bronchique
- 2 millions de personnes souffrent d’asthme
- 10 à 14 % des jeunes de 20 à 24 ans ont déjà fait au moins une crise d’asthme dans leur vie
- 50 000 personnes sont atteintes d’une insuffisance respiratoire grave Les enfants sont particulièrement sensibles aux irritants car leur appareil respiratoire est immature : après la naissance, le nombre d’alvéoles continue à se multiplier jusqu’à l’âge de trois ans et l’appareil respiratoire poursuit son développement en termes de croissance et de maturation jusqu’à l’âge de huit ans.
Les polluants sont susceptibles d’augmenter la réponse bronchique aux allergènes notamment des pollens.
Quels sont les principaux effets des polluants ?
L’ozone est un gaz agressif, à fort pouvoir oxydatif, pour les muqueuses oculaires et respiratoires et qui pénètre facilement jusqu’aux voies respiratoires les plus fines. Sa nocivité se manifeste par l’apparition, principalement lors d’un effort physique, d’irritations du nez, des yeux et de la gorge, d’altérations de la fonction pulmonaire, d’essoufflement et de toux. Une exposition à l’ozone augmente la sensibilité des asthmatiques aux allergènes.
En l’état actuel des connaissances (issues des expérimentations contrôlées et de travaux épidémiologiques), il ne semble pas exister de seuil d’exposition à l’ozone en dessous duquel il n’y aurait pas d’effet sur la fonction ventilatoire, d’où l’intérêt d’une politique de prévention de fond sur le long terme. Par ailleurs les conséquences à long terme d’une exposition chronique à long terme sont encore mal connues.
Le dioxyde d’azote peut pénétrer dans les plus fines ramifications des voies respiratoires. Il peut entraîner une altération de la fonction respiratoire et une hyperréactivité bronchique chez l’asthmatique. Chez les enfants, il augmente la sensibilité des bronches aux infections microbiennes. Des interrogations demeurent sur les effets propres à ce polluant, il est surtout considéré comme un indicateur de la pollution urbaine d’origine automobile.
Le dioxyde de soufre est un gaz irritant et le mélange acido-particulaire peut, selon les concentrations des différents polluants, déclencher une bronchoconstriction symptomatique chez les asthmatiques, augmenter les symptômes respiratoires aigus chez l’adulte (toux, gêne respiratoire) ou encore altérer la fonction respiratoire chez l’enfant (altération de la fonction ventilatoire, accès de toux ou crises d’asthme).
Les particules les plus grosses sont retenues par les voies aériennes supérieures alors que les plus fines peuvent pénétrer dans les voies respiratoires inférieures et transporter des composés toxiques, contribuant, en particulier chez les enfants, à une irritation aiguë ou chronique des muqueuses bronchiques, à une hyperréactivité bronchiques , à l’expression de leur sensibilité allergique et à une exacerbation de leur pathologie respiratoire préexistante. Les recherches menées actuellement sur les émissions des véhicules diesel permettront d’évaluer les effets sanitaires réels des particules. Enfin, certaines particules en suspension contiennent des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) aux propriétés mutagènes et cancérogènes.
Les composés organiques volatils (COV) Les effets sur la santé sont très divers selon les polluants : ils vont d’une simple gêne olfactive à une irritation ou à une diminution de la capacité respiratoire. La toxicité de certains composés organiques volatils est cependant avérée, comme dans le cas du benzène, agent cancérigène présent dans les essences et supercarburants. Des études sur l’exposition au benzène dans six villes européennes sont actuellement menées dans le cadre du projet européen Macbeth.
PRINCIPE D’ÉTABLISSEMENT DES VALEURS LIMITES
Une évaluation des risques est conduite à partir des résultats des expérimentations animales et des études épidémiologiques qui étudient le rôle réel de la pollution dans la survenue de certaines pathologies, en éliminant les facteurs de confusion tels que le tabagisme (OMS :
LES ÉTUDES ÉPIDÉMIOLOGIQUES
Plusieurs indicateurs permettent aux épidémiologistes d’analyser les effets sur la santé:les indicateurs de morbidité traduisent le recours aux services de soins pour pathologies respiratoires, ophtalmologiques ou cardio-vasculaires ; ils concernent :
- les consultations aux urgences pédiatriques ;
- les visites opérées en médecine de ville à domicile ;
- la fréquence des hospitalisations ;
- les déclarations d’arrêt de travail ;
- l’absentéisme scolaire ;
- la consommation médicamenteuse.. ;
- les indicateurs de mortalité sont le nombre de décès par pathologies respiratoires et vasculaires, imputables à la pollution atmosphérique. Ainsi sont répertoriés les affections aiguës des voies respiratoires supérieures telles que : pharyngites, laryngites, angines… ; les maladies pulmonaires obstructives chroniques telles que : bronchites, emphysèmes, bronchectasies, alvéolites allergiques… ; l’asthme, les dyspnées et autres gênes respiratoires ainsi que des pathologies cardiovasculaires en général ou des maladies hypertensives, des cardiopathies ischémiques ou des douleurs thoraciques… mais aussi des maux de tête et des irritations oculaires.
Ces données sont ensuite croisées avec les concentrations en polluants mesurés dans une région donnée, en tenant compte de tous les autres facteurs (tabac, épidémies virales, météorologie, pollens), afin d’établir d’éventuelles corrélations .
L’Observatoire Régional de Santé d’Ile de France (ORS) a entrepris au début de la décennie l’étude des relations entre pollution atmosphérique et santé en Ile de France, à la demande de la Préfecture de Région et du Conseil Régional. Cette étude, baptisée ERPURS (Evaluation des Risques de la Pollution URbaine pour la Santé) a débuté par une analyse critique d’une centaine de publications internationales sur le sujet (publié en 1992).
En 1992 était lancée une première étude rétrospective, portant sur les années 1987 à 1992. Publié en 1994, ce travail qui analysait les effets à court terme de la pollution atmosphérique sur la mortalité et la morbidité a démontré qu’un accroissement des niveaux de pollution s’accompagnait d’une surmortalité de 8%, d’une augmentation de 6% des hospitalisations, de 16% des visites médicales et de 9% des arrêts de travail à EDF-GDF.
Cette étude a ensuite été pérennisée et, en 1995, était mis en place un système permanent de surveillance, les données de qualité de l’air étant fournies par AIRPARIF, les données médicales étant collectées par les hôpitaux, SOS-médecins, l’INSERM et EDF-GDF.
Une deuxième étude épidémiologique rétrospective publiée en décembre 1997, portant sur les années 1991 à 1995, ces nouveaux travaux ont bénéficié d’outils statistiques améliorés qui permettent notamment une meilleure prise en compte des variations saisonnières. Les résultats obtenus confirment et affinent les résultats issus de la première étude.
ORS
La loi sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie de décembre 1996 a introduit une obligation de surveillance des effets sur la santé de la qualité de l’air. Pour quantifier la relation à court terme entre la pollution atmosphérique et ses effets sur la santé et surveiller son évolution, l’Institut de veille sanitaire a réalisé une étude dans huit agglomérations. Les résultats de l’étude ERPURS ont été intégrées dans l’étude. INVS
ALLERGIE RESPIRATOIRE - ASTHME - ENVIRONNEMENT
Les rhinites allergiques et l’asthme sont en augmentation. Les études prennent en compte tous les biais possibles, notamment les changements de classification des maladies et la meilleure prise en compte de l’asthme par les médecins. Les études tendent même à montrer un sous-diagnostic et une sous-évaluation de l’ampleur du problème.
Pour actualiser, mieux comprendre ces données, plusieurs études internationales sont en cours : étude ECHRS (European Community Respiratory Health Survey) étude de la prévalence de l’asthme et des facteurs environnementaux chez les jeunes âgés de 20 à 44 ans et l’étude ISAAC (International study of asthma and allerges in childhood) qui étudie la prévalence de l’asthme et de la rhinite allergiques chez les enfants.
Des résultats publiés dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire n° 45/1995 concernent les adultes jeunes à Grenoble, Montpellier et Paris 18ème et montrent en particulier :
un pourcentage élevé de personnes ayant eu, à un moment de leur vie, des crises d’asthme (7,4 à 9,2% selon les villes). En 1992, 2,7 à 4% des personnes interrogées avaient eu au moins une crise d’asthme dans les douze derniers mois et 2,1 à 3,4% étaient sous traitement anti-asthmatique ;
- une multiplication par 4 depuis 1968 du nombre d’asthmatiques chez les jeunes âgés de 20 à 24 ans résidant à Paris ;
- une fréquence de l’asthme beaucoup plus importante chez les sujets de 20 à 24 ans par rapport aux autres tranches d’âge : en effet, en 1992, 6 à 7,8 % des personnes âgées de 40 à 44 ans avaient eu des crises d’asthme dans leur vie, alors que 10 à 13,6 % des jeunes de 20 à 24 ans en avaient déjà présenté. De plus, l’étude menée à Paris montre que 6,1% des enfants ont un asthme diagnostiqué et que 10% présentent des facteurs évocateurs d’asthme (bulletin épidémiologique hebdomadaire n°31, Juillet 1996)
Quels sont les facteurs favorisant l’allergie respiratoire et l’asthme ?
Plusieurs facteurs intriqués favorisent l’expression clinique de l’allergie respiratoire et de l’asthme (cf. rapport du Conseil supérieur d’hygiène publique de France de juillet 1993 intitulé Allergie respiratoire-asthme-environnement">
- la répétition des infections virales chez le tout-petit (qui viennent perturber le développement de l’appareil respiratoire) ;
- le tabagisme actif et passif dont la fumée est un irritant très puissant qui favorise l’hyperréactivité bronchique, l’expression clinique de l’allergie respiratoire et l’asthme mais aussi les infections virales ;
- la multiplicité et la répétition des contacts allergéniques tant dans l’environnement domestique (acariens, allergènes d’animaux, moisissures) qu’à l’extérieur (pollens de graminées et d’arbres).
Plusieurs études en cours doivent permettre de mieux comprendre le rôle et la part de chacun de ces facteurs .
Comment prévenir l’allergie respiratoire et l’asthme ?La prévention de ces maladies respiratoires passe par la réduction des aérocontaminants en cause en particulier les infections virales, le tabagisme et les allergènes dans l’environnement intérieur et extérieur. Un programme pluri-annuel de santé publique a été lancé par le ministre de la santé en janvier 1994 et vise notamment à informer l’ensemble des partenaires concernés.
En particulier, les moyens de lutte pour les parents et responsables d’enfants sont développés dans deux plaquettes didactiques :
Brochure
"Allergie respiratoire - asthme - environnement" réalisée par la Société Française d’Aérobiologie avec la participation de l’Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique sous l’égide du Ministère des Affaires Sociales de la Santé et de la Ville
Bande dessinée
"Tôh-üx Bôh-üx
Que signifie le fait que l’ozone diminue le seuil de réactivité aux allergènes auxquels un asthmatique est allergique ?En temps normal, selon le degré de sensibilité d’une personne asthmatique, celle-ci fera une réaction plus ou moins forte aux allergènes (de chat, d’acariens, de moisissures, de pollens) auxquels elle est allergique en présence d’une quantité plus ou moins importante de ces allergènes. Il a été démontré, chez les asthmatiques, que l’ozone diminue leur seuil de sensibilité à ces allergènes. Par conséquent, en cas de pollution par l’ozone, l’asthmatique peut faire une réaction allergique avec une quantité moindre d’allergènes présents dans l’air qu’il respire. En d’autres termes, cette personne risque, en cas de pollution par l’ozone et en présence des allergènes auxquels elle est sensible, de faire plus facilement une réaction allergique ou de faire une réaction allergique plus forte (rhinite, toux, larmoiements, crises d’asthme).

Administrations Sanitaires et Sociales de l’Etat, DRASS et DDASS en Ile-de-France