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P.R.S. personnes agées
Lutter contre la maltraitance envers les personnes agées
Recommandations
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Ce document constitue la synthèse
des réflexions et des recommandations d’un groupe de travail régional,
réuni autour du programme régional de santé consacré
aux personnes âgées, dont la composition figure en fin de
document. Les travaux de ce groupe ont débuté au début
de l’année 2000, et sa première contribution fut d’effectuer
l’état des lieux régional des attentes des partenaires sur
les modalités de prévention et de prise en charge du phénomène
(PRS P.Agées : Etat des lieux Phase I avril 2001 ; chapitre
3.3).
Depuis, la mission nationale
confiée à Monsieur le Professeur Debout a rendu ses propositions
à Madame la secrétaire d’état aux personnes âgées,
mais les réflexions régionales et départementales
témoignant de la préoccupation des acteurs pour cette problématique
méritaient d’être diffusées.
Les membres du groupe de travail
Remarques préliminaires
Les membres du groupe ont rappelé :
- que la classification des situations de maltraitance
s’avérait très difficile,
- qu’il n’existait pas pour l’heure d’étude
de population permettant une appréciation réelle du phénomène
maltraitance,
- que le nombre de personnes vulnérables,
donc à risque est vraisemblablement très important,
- que l’on détecte un nombre de plus en
plus important de personnes vulnérables dont l’âge est
inférieur à 60 ans, qui présentent les mêmes
risques et subissent les mêmes maltraitances que les personnes
âgées et posent donc des problèmes de même
nature.
1) ORGANISER UN SYSTEME COHERENT DE RECUEIL, DE
SUIVI ET DE TRAITEMENT DES SITUATIONS DE MALTRAITANCE
Propositions d’organisation
- Au niveau de l’écoute
- Au niveau du traitement de l’information
Harmonisation de l’information
L’interprétation des données
Analyse statistique des données
- Au niveau du suivi et du traitement des signalements
2) MIEUX COMMUNIQUER, SENSIBILISER
ET FORMER A LA PREVENTION DE LA MALTRAITANCE
RENFORCER LA COMMUNICATION
- AU NIVEAU NATIONAL
- AU NIVEAU REGIONAL ET LOCAL
- AU NIVEAU ENVIRONNEMENTAL
FAVORISER LA SENSIBILISATION DES ACTEURS SOCIAUX
ASSURER LA FORMATION DES PROFESSIONNELS ET DES INTERVENANTS
3) AIDER LES AIDANTS
En conséquence, le groupe recommande :
- Pour les aidants familiaux,
- Pour les aidants professionnels,
- L’intensification des liens de proximité
4) VEILLER AU RESPECT DE L’ETHIQUE
ET DES DROITS FONDAMENTAUX
- Pour les professionnels
- Pour les personnes maltraitées
BIBLIOGRAPHIE
COMPOSITION DU GROUPE DE
TRAVAIL
1)
ORGANISER UN SYSTEME COHÉRENT DE RECUEIL, DE SUIVI ET DE TRAITEMENT
DES SITUATIONS DE MALTRAITANCE
La complexité du phénomène
indique qu’un recueil centralisé et formalisé des signalements
à l’échelon régional est souhaitable,
mais que dans le même temps
il est indispensable que soient mises en place simultanément les
structures d’aval pour le suivi et la prise en charge effective des situations
de maltraitance, faute de quoi il serait impossible de répondre
de manière cohérente et éthiquement correcte à
la demande du public et des professionnels.
L’ensemble du groupe estime éminemment
souhaitable la constitution d’un système régional de repérage
commun constitué de deux pôles complémentaires mais
distincts :
- d’une part le recueil des données,
- d’autre part le traitement des situations à
risque.
Les objectifs d’un tel système
seraient :
- d’assurer à la population régionale
un service performant d’écoute et de recueil des plaintes et
signalements, de haut niveau professionnel par la mutualisation des
moyens départementaux ;
- de permettre une surveillance épidémiologique
par l’adoption de normes et de procédures communes à l’ensemble
des acteurs régionaux et départementaux ;
- de contribuer à organiser les structures
d’aval au niveau départemental ou infra-départemental
pour offrir à la population concernée de véritables
services de proximité de manière à assurer la mobilisation
et la coordination des acteurs locaux institutionnels ou libéraux.
Propositions d’organisation
- Au niveau de l’écoute
Quel que soit le statut professionnel
de l’écoutant, celui-ci doit d’une part disposer d’une compétence
professionnelle acquise sur des bases solides en particulier dans le
domaine de l’analyse psychologique des discours et d’autre part avoir
bénéficié d’une formation complémentaire
en rapport direct avec les personnes âgées et les phénomènes
les plus importants du vieillissement normal et pathologique notamment
dans le champ des démences.
Une attention particulière
doit être apportée à exiger des écoutants
une stricte neutralité dans l’écoute, une absence d’ingérence
personnelle et de jugements de valeur, au bénéfice d’une
grande disponibilité et d’un recueil le plus systématique
possible des données indispensables à l’analyse des situations.
- Au niveau du traitement de l’information
Harmonisation de l’information
L’harmonisation des données
est une étape importante puisqu’elle seule permet une exploitation
statistique et qu’elle est un élément d’évolution
du niveau de conscience par rapport aux différentes formes de maltraitance
et à la difficile évaluation du niveau de gravité
potentielle des divers signalements.
Il convient donc d’établir
une grille d’évaluation qui serait la base d’un traitement informatisé,
cette grille devant s’attacher à décrire la personne ou
l’institution appelante, la victime et la personne ou l’institution supposée
maltraitante.
Une telle harmonisation de l’information
suppose qu’existe un groupe interdépartemental de suivi de cette
harmonisation ayant vocation à synthétiser l’information
et à coordonner l’action des différents intervenants.
L’interprétation des
données
Le groupe préconise que l’interprétation
des données soit assurée systématiquement de manière
interdisciplinaire afin d’éviter au maximum les regards partisans
par la multiplicité des points d’observation en rapport avec le
caractère polypathologique de la plupart des personnes âgées
et la complexité habituelle des histoires familiales et sociales.
Analyse statistique des données
Le recueil organisé des données
relatives à la maltraitance doit permettre la mise en place d’un
observatoire autorisant une véritable "veille sanitaire".
Celui-ci s’appuiera sur une base de données colligeant l’ensemble
des observations réalisées par les écoutants de première
intention et par les référents assurant l’écoute
de deuxième niveau. Ces observations feront l’objet de procédures
précises de validation et contribueront à l’évaluation
du dispositif d’ensemble.
- Au niveau du suivi et du traitement des
signalements
Le suivi et le traitement des
signalements doivent obéir au même principe d’analyse et
de traitement interdisciplinaire.
Le système mis en œuvre
doit permettre le traitement de proximité des signalements, en
veillant tout particulièrement à la stimulation et la
coordination des acteurs professionnels que ceux-ci travaillent dans
le secteur médical, social ou judiciaire.
D’une manière générale,
les organisations établies devraient avoir comme objectif premier
le conseil et la médiation beaucoup plus que la répression
des maltraitants supposés.
Dans un tel dispositif le groupe
considère qu’un élément essentiel du suivi résidera
dans une étroite collaboration avec les coordinations gérontologiques
et les CLIC.
2)
MIEUX COMMUNIQUER, SENSIBILISER ET FORMER A LA PREVENTION DE LA MALTRAITANCE
Les départements franciliens
ont déjà entrepris certaines initiatives qu’il convient
de soutenir et d’élargir.
Le groupe préconise de développer
plus particulièrement trois axes d’action en matière de
communication, de sensibilisation et de formation.
RENFORCER LA COMMUNICATION
A AU NIVEAU NATIONAL
- Par la mise en place, avec le Secrétariat
d’Etat aux Personnes Agées d’une première campagne télévisuelle
de communication générale sur le thème, renouvelable
de façon périodique, et s’appuyant sur la presse écrite
nationale ainsi que sur une campagne d’affichage à large diffusion
en lien avec les ministères de l’Emploi et de la Solidarité,
de l’Education Nationale et du Travail.
- Il s’agirait de créer les conditions pour
la réalisation, sur ce sujet de société émergeant
encore difficilement, d’une émission-débat télévisuelle,
à une heure de grande audience, et assurer sa répercussion
dans la presse écrite.
- Parallèlement, il faut recourir à
la voie radiophonique pour des émissions interactives sur ce
thème.
- A terme, il est nécessaire d’envisager
un numéro vert téléphonique national destiné
aux personnes âgées et adultes vulnérables.
B AU NIVEAU REGIONAL ET
LOCAL
- A défaut ou dans l’attente de la mise
en œuvre d’un numéro national, il est opportun de réaliser
une étude sur le bien-fondé d’une campagne régionale
de présentation d’un numéro régional centralisé,
au moyen d’une séquence télévisuelle (avec affichage
et énoncé oral du numéro), séquence pouvant
être conçue et réalisée par des jeunes de
la filière scolaire audiovisuelle sous forme de scène
jouée ou de reportage, dans une perspective intergénérationnelle.
- La séquence devra s’accompagner d’un support
dans la presse écrite départementale avec diffusion de
l’information au plan local, aux différents journaux professionnels
(Actualités Sociales Hebdomadaires, bulletin de l’Ordre des médecins…),
aux caisses de retraite, aux associations tutélaires et tuteurs
privés, aux maisons de retraite, aux établissements de
soins, etc.
- Le plus souvent possible, il sera souhaitable
d’utiliser comme support les documents administratifs communément
adressés aux usagers (relevés de remboursement d’assurance
maladie par exemple) pour diffuser le numéro régional.
- Enfin, une campagne de communication visera à
aider les personnes et les familles dans leurs choix de vie (alternative
domicile/établissement) en s’appuyant par exemple sur la mise
en place de l’APA.
C AU NIVEAU ENVIRONNEMENTAL
Le groupe préconise une communication
individuelle avec la personne et son entourage lors des :
- Entrées en établissement ( information,
concertation pluriprofessionnelle, écoute de la personne.
- L’accueil et l’information des familles doivent
être généralisés.
- Activités favorisant l’expression.
- Lieux d’expression, de participation et à
l’occasion des conseils d’établissement.
FAVORISER LA SENSIBILISATION
DES ACTEURS SOCIAUX
- Le rapprochement avec l’Education Nationale doit
permettre d’impulser des actions de sensibilisation auprès des
jeunes soit en prenant appui sur des enseignements classiques du programme
(par exemple Droits de l’Homme) soit au cours d’interventions plus spécifiques
(sur le thème des droits de l’enfant, des droits des personnes
vulnérables, de la violence, des droits et des devoirs du citoyen,
du vieillissement à partir de sujets du domaine de l’éducation
pour la santé par exemple).
- En lien avec l’Education Nationale les initiatives
intergénérationnelles seront favorisées (aide aux
devoirs, travail sur la mémoire, partage des savoir-faire, parrainage).
- Au niveau local, il sera utile de travailler
aux campagnes de sensibilisation en lien avec la délégation
aux Droits des Femmes et à l’Egalité.
- Au niveau national régional et local,
les initiatives et les échanges seront développés
notamment par des forums et des journées à thème
afin de sensibiliser le public et les professionnels en facilitant l’expression
et le partage des expériences.
Il s’agira également de :
- Veiller à la sensibilisation renouvelée
des associations familiales et des CODERPA par la bonne diffusion de
l’information sur les diverses initiatives et par la circulation régulière
de supports écrits..
- Sensibiliser le public à la vulnérabilité
spécifique des personnes atteintes de maladies neurodégénératives
et mentales vis-à-vis de la maltraitance en développant
l’information dans ce domaine.
- Se rapprocher et travailler avec les services
de neuropsychiatrie pour, d’une part sensibiliser les familles aux risques
de maltraitance autour de la personne âgée psychiquement
diminuée, et aussi d’autre part, pour mieux prévenir la
maltraitance des aidants, lorsqu’ils sont malades psychiatriques, à
l’encontre de leurs aînés devenus dépendants (notamment
en préparant mieux les retours d’hospitalisation).
- Utiliser les nouvelles technologies comme support
d’information sur les services et numéros utiles, les droits,
les associations.
- Sensibiliser les professionnels de la filière
juridique et judiciaire aux différentes formes de la vulnérabilité
liée au vieillissement.
ASSURER LA FORMATION DES PROFESSIONNELS
ET DES INTERVENANTS
Plusieurs actions doivent être
entreprises visant à :
- Permettre à la DRASSIF de veiller à
la sensibilisation des professionnels de santé et des travailleurs
sociaux au phénomène de la maltraitance au cours de leur
formation initiale par la mise en place de modules spécifiques.
- Faire figurer au programme des BEP des carrières
sanitaires et sociales et des BEPA une approche de la maltraitance et
de ses moyens de prévention.
- Donner une formation gérontologique de
base aux personnels intervenants (aides à domicile, aides ménagères,
auxiliaires de vie, aides-soignantes, agents de service).
- Mener une réflexion sur la formation des
personnels administratifs dans une dimension de sensibilisation aux
problèmes du vieillissement, du handicap, de l’écoute
de l’autre, de la maltraitance.
- Mettre en place, en cours d’emploi, des formations
sur la maltraitance pour les aides à domicile, les aides-soignants,
les cadres infirmiers et les médecins, les infirmiers, les aides
ménagères et les familles d’accueil.
Pour l’ensemble de ces formations,
une place spécifique sera réservée aux problématiques
des maladies mentales et neuro-dégénératives.
Par ailleurs, il apparaît
nécessaire de mener une réflexion sur un ajustement de la
formation des tuteurs afin de leur fournir les outils nécessaires
à une meilleure adéquation entre les situations auxquels
ils sont confrontés et les mesures qu’ils doivent prendre (entrées
en établissement, décisions immobilières, choix du
lieu de résidence, autorisations d’interventions chirurgicales).
3) AIDER LES AIDANTS
Les aidants ont besoin d’être
"soulagés" dans les tâches qu’ils assument. L’expression
orale peut être un support de partage. Le cadre de cette expression
doit pouvoir être créé le plus souvent possible ainsi
que la prise en compte du temps et du financement qui s’imposent pour
le réaliser.
Pour que la personne âgée
soit perçue dans toute sa dimension de personne humaine et que
le sens de sa parole soit réellement pris en compte, l’aidant doit
lui-même être soutenu, entendu dans ses questions, ses hésitations,
ses lassitudes et ses difficultés.
Le groupe s’est d’abord attaché
à resituer la personne aidée dans son cadre familier, son
domicile et son quartier. Celle-ci peut être "assistée"
par sa famille ou par d’autres aidants professionnels ou bénévoles.
Son domicile fait partie d’un quartier,
lui-même lieu de ressources pour ses habitants avec des services
et des institutions utiles à ses besoins.
L’aide de proximité est à
appréhender dans la mise en œuvre, sur le plan local, d’un travail
inter-institutionnel pour saisir et utiliser l’ensemble des ressources
locales, développer des passerelles entre les lieux plus fermés
et plus ouverts, et entre l’intergénérationnel.
En conséquence, le groupe
recommande :
A Pour les aidants familiaux,
- De faire émerger et d’aider à l’initiative
de groupes de parole, de solidarité, ou d’entraide (pouvoir se
relayer, s’épauler). La violence et l’agressivité des
aidants est souvent un mécanisme de défense devant une
souffrance non élaborée.
- De bénéficier de lieux d’écoute
dans des moments d’urgence et être entendus dans le besoin d’accueil
d’urgence pour une personne âgée dont ils assurent la charge.
- D’avoir accès à des informations,
pouvoir les partager et échanger à partir de ces informations.
B Pour les aidants professionnels,
- De façon générale, dans
les formations et toutes sortes d’échanges, de savoir développer
une pensée attentive pour les différentes classes d’âge
et de travailler sur les représentations des 3ème
et 4ème âge.
- De bénéficier de groupes d’échange,
permettant d’analyser leurs pratiques et d’y trouver un accompagnement
spécifique.
Pour les bénévoles
inscrits dans un réseau, ces axes doivent être pris en considération.
C L’intensification des
liens de proximité
- Par le développement d’accueils de jour
souples (nuit, week-end, séjour court) proches du domicile du
demandeur, en institution ou en famille d’accueil.
- Par l’ouverture des établissements (résidence,
maison retraite et médicale) sur la vie du quartier.
- En favorisant des échanges intergénérationnels
sur différentes structures (centre social, MJC, maison pour tous,
crèche).
4) VEILLER AU RESPECT
DE L’ETHIQUE ET DES DROITS FONDAMENTAUX
En préambule, il est nécessaire
de préciser que le souci d’autrui n’est peut-être pas simplement
une affaire de protection plus ou moins paternaliste. Sans doute doit-il
partir du fait que nous sommes tous potentiellement menacés ou
même déjà blessés par l’indifférence
des autres ; c’est pourquoi, se préoccuper des personnes vulnérables,
c’est non seulement s’occuper de chacun d’eux individuellement mais aussi
se préoccuper de l’Humanité en chacun de nous
L’une des manifestations de notre
Humanité réside dans la capacité et la volonté
de soulager la douleur.
Plutôt que de reconnaître
la diversité des citoyens par tranche d’âge, reconnaître
que la personne humaine est complexe et peut prendre diverses formes de
vie peut aider à envisager la notion de vulnérabilité.
Ainsi quand on parle d’autrui, quelle forme de vie reconnaît-on
:
- A celui qui est porteur de droits (chacun de
nous) ?
- A celui dont il faut défendre les intérêts
(l’enfant, le majeur protégé) ?
- A celui dont la capacité de relation est
contestée (la personne " démente ",
l’enfant autiste) ?
On peut reprendre cette définition
de la personne vulnérable comme étant : " la personne
qui n’est plus suffisamment autonome, qui ne paraît plus digne,
qui n’est plus intègre ".
Deux postulats peuvent être
posés :
- Les droits des personnes âgées devenues
vulnérables, maltraitées parce qu’incapables de se protéger
et limitées dans leur liberté, sont indissociables des
devoirs de protection à organiser à leur égard.
- Promouvoir les droits des personnes au choix
de leur lieu de vie, à l’accès aux soins, au recours à
des intervenants formés, implique aussi la nécessité
de mettre en œuvre les droits à protection, non seulement des
biens mais aussi des personnes.
Pour organiser la responsabilité
des services publics et concevoir des protocoles d’accompagnement de personnes
vulnérables, maltraitées, plusieurs recommandations peuvent
être explorées et considérées tant comme stratégie
d’intervention que comme cadre d’exercice professionnel.
A Pour les professionnels
:
- Les aider à exercer leurs responsabilités
dans le cadre de protocoles institutionnels déterminés
(un personnel maltraité risque de devenir maltraitant). Ces protocoles
constituent des repères susceptibles d’évoluer dans le
temps.
- Analyser rigoureusement les situations signalées
avant toute intervention intempestive sans réduire la personne
à des compétences ou des incapacités cochées
dans une grille.
- Créer des lieux d’échange et de
concertation respectant la déontologie professionnelle de chacun
des participants et ouverts au secret partagé nécessaire
aux interventions à promouvoir : il ne faut pas en effet laisser
un professionnel seul face à une situation de maltraitance.
- Etablir un partenariat fonctionnel entre les
institutions et les professionnels afin que chacun, à tous les
niveaux, prenne la mesure de son champ de compétences.
- Ne pas hésiter à signaler aux services
judiciaires, parce que c’est la loi dans notre démocratie, parce
que cela permet de briser la loi du silence et parce qu’il ne faut laisser
quiconque dans un sentiment d’impunité.
- Globalement, il s’agit de favoriser l’émergence
d’une culture professionnelle avec prudence.
B Pour les personnes maltraitées
:
- Laisser à la personne son choix de vie
et son mode de vie : cela peut aller même jusqu’à prendre
le risque de la voir se mettre en danger.
- Considérer l’intégrité de
la personne : il est nécessaire de se référer au
parcours de sa vie et non au seul temps de crise.
- Promouvoir des interventions à domicile
qui permettent de prendre en compte non seulement les dimensions sanitaire
et médico-sociale mais aussi la dimension psychologique.
- Prendre conscience de la place du " temps "
pour la personne vulnérable : la personne a besoin de temps pour
mûrir certaines acceptations ou refus de propositions de soins
ou de choix de vie.
- Interpeller les associations de personnes âgées
et de personnes handicapées à propos du nombre grandissant
de personnes vulnérables afin de transformer ce fait démographique
en composante sociologique.
BIBLIOGRAPHIE
- Aristote : cf. la notion de prudence.
- Sartre " L’existentialisme est-il un
humanisme ? " 1946, éditions Nagel.
- Déclaration des droits de l’Homme et du
Citoyen du 26 août 1789
- Convention européenne de sauvegarde des
droits et libertés fondamentales du 4 novembre 1950
- Charte des droits et libertés des personnes
âgées dépendantes. Fondation Nationale de Gérontologie,
1996
- Déclaration de Barcelone : propositions
politiques à la Commission européenne de novembre 1998
par des partenaires du projet BIOMED-II sur les principes éthiques
de base en bioéthique et biodroit
COMPOSITION DU
GROUPE DE TRAVAIL
Mme AGENIE Assistance Publique-Hôpitaux
de Paris,
M. BOIRIN Conseil Général 91,
Mme BOITIER ADEHPA,
Mme BUET Fondation Croix Saint Simon,
M.DAYRAUD DASS 75,
Mme DESCHAMPS Hôpital Broussais AP-HP,
Mme le Dr DORINIE-BAULON Conseil Général 93,
Mme DRUART Société Française de Gérontologie,
Mme DUPONT Résidence Soleil d’automne,
M. le Dr DUPORTET ALMA-Association Gérontologique de l’Essonne,
M. FERNANDEZ Conseil Général 78 DASDY,
M. GASPAIS FNEAPAD,
Mme GAUZIT-FLEURY Conseil Général 92,
Mme GEORGES-PINEL Conseil Général 78 DASDY,
Mme GERMAIN Conseil Général 77,
Mme le Dr GONIN Conseil Général 92,
Mme GOUGAUD URHIF,
M. GREFFE SYNERPA,
Mme JACQUETELLE CNAV,
Mme LAFARGUE Conseil Général 75 DASES,
Mme LEDOUX M. de retraite La Chalouette,
Mme MAIRAND Point Conseil 3ème Agé Conseil
Général 95 DVH,
Mme MALM CASVP, Mme MATHIEU DRASSIF,
Mme le Dr MERLE DDASS 93,
Mme MESUREUR Conseil Général 94 DIPAS,
Mme MEYER DRASSIF,
Mme le Dr OLAGNIER DRASSIF,
Mme OLENGHA Point Conseil 3ème Age Conseil Général
95 DVH,
Mme PERRIN Conseil Général 92,
Mme PEYROT UNCCASF,
M. RAGOT CRAMIF,
Mme SERQUIER CRAMIF,
Mme TERNISIEN FEHAP,
Mme VALY-DUPERON SYNERPA
Décembre 2001
- Réalisation : D.R.A.S.S.
Ile de France
- Inspection Régionale
de la Santé
- Tel : 01.44.84.24.59

Mise en ligne 20/12/2002
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