Agrégats spatio-temporels

Qu’est-ce qu’un agrégat spatio-temporel ou cluster ?

On appelle agrégat spatio-temporel (en anglais, cluster) le regroupement inhabituel dans le temps et dans l’espace de maladies ou de symptômes, au sein d’une population précise.

Avec l’intérêt croissant du public pour la qualité de l’environnement et son impact sur la santé, les institutions sanitaires (les Directions départementales des affaires sanitaires et sociales, la Direction générale de la santé, l’Institut de veille sanitaire…) sont sollicitées de plus en plus fréquemment pour enquêter sur des signalements d’agrégats de pathologies non infectieuses, réels ou ressentis, attribués ou non à une ou des sources de pollution présumées.

Pour chaque signalement, l’objectif de l’investigation est double :

  • confirmer ou non l’existence d’un excès de cas ;
  • chercher une ou plusieurs sources d’exposition communes plausibles.

Une double investigation, sanitaire et environnementale, est alors mise en œuvre.

Sur le plan sanitaire, on compare le nombre de cas observés au nombre de cas attendus dans le territoire et durant la période de temps définis.

Sur le plan environnemental, l’investigation recherche des facteurs de risque connus pour pouvoir entraîner les évènements de santé signalés, ainsi que toute autre source de pollution qui pourrait différencier la commune ou le quartier signalé d’une commune ou d’un quartier similaire (urbain, semi-industriel…).

La méthode d’investigation utilisée, qui s’appuie sur l’expérience des équipes étrangères et nationales, est exposée dans le guide méthodologique pour l’évaluation et la prise en charge de agrégats spatio-temporels de maladies non infectieuses - version mai 2005 élaboré par l’InVS.

L’interprétation des résultats de ces investigations présente souvent de réelles difficultés. Une des principales est que les maladies, et notamment les maladies rares, ne sont pas distribuées de façon homogène sur un territoire et dans le temps. L’observation de cas groupés de pathologies dans une commune ou un quartier, sur une période de temps donnée, peut donc être simplement due à des fluctuations aléatoires.

Investigations en Ile-de-France

La Cire Ile-de-France, depuis sa création en 2002, a mené plusieurs investigations d’agrégats spatio-temporels.

Agrégat de cancers parmi le personnel d’une école, Aubervilliers (93)

Agrégat de maladies liées à l’amiante, Aulnay-sous-Bois (93)

Agrégat de pathologies diverses, Saint-Cyr l’Ecole (78)

Cas de leucémie, Vauhallan (91)

Le Département santé environnement de l’InVS a également réalisé des investigations d’agrégats en Ile-de-France.

Agrégat de cancers, Vincennes (94)

Les registres de cancers pédiatriques peuvent-ils contribuer à améliorer les investigations de clusters ?

Séminaire du 16 octobre 2007

Les DDASS d’Ile-de-France sont sollicitées pour investiguer des suspicions de clusters signalées à l’échelle locale. Les enquêtes réalisées ont souvent confirmé l’excès de cas mais n’ont jamais permis d’identifier de facteur de risque environnemental partagé. Par ailleurs, les services sont également impliqués dans l’analyse des évaluations de risques produites lors de l’implantation d’une nouvelle installation industrielle ou lors de la reconversion d’un ancien site industriel. Dans la mesure où ces évaluations révèlent la présence de substances cancérogènes dans l’environnement, deux questions ont été soulevées : Existe-t-il des agrégats de cancers avec une réelle surexposition environnementale qui échapperait au signalement ? et si oui, les registres de cancers pédiatriques pourraient-ils aider à les identifier ?

Pour tenter de répondre à ces interrogations, la CIRE Ile-de-France a co-organisé le 16 octobre 2007, en liaison avec le Registre national des hémopathies malignes de l’enfant (RNHE), le Registre national des tumeurs solides de l’enfant (RNTSE) et de département Santé-Environnement de l’InVS, un séminaire intitulé Les registres de cancers pédiatriques peuvent-ils contribuer à améliorer les investigations de cluster ?

A l’issue de ce séminaire, un consensus s’est dégagé sur l’intérêt de créer un espace de travail collaboratif qui pourrait être piloté par l’InVS afin d’améliorer le recensement des investigations menées, de mettre au point des outils pratiques et d’organiser le retour d’expérience.

Contact : Céline Legout à la CIRE Ile-de-France

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Modifié le vendredi 8 février 2008