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Surveillance du saturnisme infantile
Contexte
Le saturnisme infantile est une intoxication grave due à une imprégnation par le plomb (ou la présence de plomb dans l’organisme). Des symptômes variés peuvent apparaître : troubles digestifs (anorexie, douleurs abdominales récurrentes, constipation, vomissements), pâleur en rapport avec l’anémie, troubles du comportement (apathie ou irritabilité, hyperactivité), troubles de l’attention et du sommeil, trouble du développement psychomoteur avec diminution éventuelle des performances cognitives.
Les enfants en bas âge sont particulièrement exposés au risque d’imprégnation par le plomb. Présent dans certaines peintures anciennes, le plomb peut être ingéré sous forme de poussières ou d’écailles lorsqu’elles sont dégradées. D’autres sources de contamination existent dans l’environnement.
- Pour en savoir plus, consulter l’aide-mémoire sur le site Internet de l’Institut de veille sanitaire.
Le saturnisme de l’enfant mineur est une maladie à déclaration obligatoire. En Ile-de-France, depuis 1992, le système de surveillance du saturnisme infantile (Sssiif) recueille systématiquement des informations lorsqu’une plombémie est réalisée. A l’occasion de ses 10 ans de fonctionnement, le Sssiif a édité une analyse des dépistages réalisés.
- 10 ans de surveillance du saturnisme de l’enfant en Ile-de-France. Mai 1992 - Décembre 2001. . Drass Ile-de-France, Institut de veille sanitaire, Paris, 2003.
Recommandations de suivi
Les enfants dont la plombémie est supérieure à 100 µg/L, ainsi que les enfants à risque d’intoxication, doivent bénéficier d’une surveillance médicale régulière selon un rythme défini lors d’une conférence de consensus en 2003.
Si la plombémie est :
- comprise entre 100 à 250 µg/L, elle doit être régulièrement surveillée tous les 3 à 6 mois ;
- comprise entre 250 à 450 µg/L, elle doit être régulièrement surveillée tous les 3 à 6 mois et il faut adresser l’enfant à une structure capable d’évaluer l’intoxication et de discuter l’indication d’un traitement chélateur ;
- supérieure à 450 µg/L, il faut de manière urgente adresser l’enfant à une structure capable d’évaluer l’intoxication et de la traiter.
Pour une plombémie inférieure à 100 µg/L, il est recommandé de répéter les dosages tant qu’il persiste des facteurs de risque dans l’environnement de l’enfant (tous les 6 mois à 1 an), et ce jusqu’à l’âge de 6 ans.
Suivi des enfants intoxiqués par le plomb ou à risque d’intoxication en Ile-de-France (1992 - 2002)
En 2005, la Cire Ile-de-France a mené une étude dont l’objectif était d’estimer la régularité du suivi selon ces recommandations et d’identifier les facteurs associés à un suivi non satisfaisant.
L’analyse portait sur tous les enfants âgés de 1 à 6 ans, résidant en Ile-de-France, chez lesquels au moins une plombémie a été réalisée entre 1992 et 2002, soit au total 22 355 enfants. Une plombémie supérieure à 450 µg/L a été observée chez 356 enfants. Parmi les 921 enfants dont la plombémie était comprise entre 250 et 449 µg/L, 45 % n’étaient pas suivis d’une manière satisfaisante. Parmi les 5 466 enfants dont la plombémie était comprise entre 100 et 250 µg/L, 74 % n’étaient pas suivis d’une manière satisfaisante. Parmi les 15 612 enfants présentant des risques d’intoxication mais dont la plombémie était inférieure à 100 µg/L, 89 % n’étaient pas suivis d’une manière satisfaisante.
Cette étude a mis en évidence qu’un suivi conforme aux recommandations était observé :
- d’autant plus fréquemment que la plombémie était élevée ;
- plus fréquemment lorsque l’habitat est ancien ou dégradé.
De plus, pour les enfants dont la plombémie était inférieure à 100 µg/L, un suivi conforme aux recommandations était observé plus fréquemment si le prescripteur exerçait au sein d’une équipe de protection maternelle et infantile, si l’enfant était d’origine africaine, et si la famille était nombreuse.
Globalement, on note une amélioration régulière du suivi au fil du temps, notamment ces dernières années.
Bien que les enfants les plus à risque soient les mieux suivis, et que la régularité du suivi s’améliore avec le temps, il est urgent d’assurer au plus grand nombre une prise en charge conforme aux recommandations, afin d’éviter les nombreuses conséquences pour la santé d’une intoxication par le plomb dont certaines représentent un risque vital pour l’enfant.
Autres publications
- Legout C, Mandereau-Bruno L, Creusvaux H, Somarriba C, Boudeville F, Mathieu A, Isnard H. Enquête sur l’imprégnation au plomb des enfants fréquentant le quartier de La Poudrette à Pavillons-sous-Bois, Seine-Saint-Denis, 2004. Journées de veille sanitaire, Paris, 29-30 novembre 2005. [Poster.]
En savoir plus
- Dossier Saturnisme de l’enfant mineur sur le site Internet de l’Institut de veille sanitaire.
- Dossier Saturnisme sur le site Internet de la Drass Ile-de-France (service santé environnement).

Administrations Sanitaires et Sociales de l’Etat, DRASS et DDASS en Ile-de-France